Rédigé par Patrice Nsengiyumva
Dans un monde qui vacille entre ombres et lumière, la paix n’est plus un luxe : elle est une urgence. Et parmi les voix qui appellent l’humanité à revenir à l’essentiel, celle entendue à Kibeho, au Rwanda, résonne avec une intensité particulière.
Entre 1981 et 1989, la Vierge Marie, se présentant comme “Nyina wa Jambo”, la Mère du Verbe, s’est adressée à trois jeunes Rwandaises : Alphonsine Mumureke (première apparition le 28 novembre 1981), Nathalie Mukamazimpaka et Marie-Claire Mukangango.
Leur témoignage, éprouvé et reconnu par l’Église, trace un chemin de paix fondé sur dix messages majeurs, dont l’actualité demeure brûlante.
D’emblée, la Vierge appelle à la conversion du cœur. Elle ne parle pas d’un simple changement d’habitudes, mais d’un retournement intérieur—une guérison profonde des pensées, des paroles et des actes. Elle avertit que le monde court au-devant de grandes souffrances si les hommes ne reviennent pas à Dieu.
L’histoire du Rwanda, marqué par la tragédie de 1994, confirmera tragiquement la portée prophétique de cet appel. Aujourd’hui, le Rwanda, pays renaissant, montre qu’une conversion collective, soutenue par la vérité, peut rebâtir même ce qui semblait brisé à jamais.
À Kibeho, Marie insiste ensuite sur la prière, surtout celle qui vient du cœur. Elle ne demande pas une récitation mécanique, mais un souffle, un dialogue vivant avec Dieu. La prière adoucit les cœurs endurcis, calme les rancœurs, désarme les colères. Dans la chapelle même où Alphonsine entendait la voix de la Mère du Verbe, on ressent encore ce silence vibrant qui invite à la paix intérieure.
La Vierge appelle aussi à la pénitence, non comme un poids, mais comme un chemin de liberté. Reconnaître nos fautes, réparer les torts causés, demander pardon : voilà des actes simples mais révolutionnaires. Marie rappelle que la paix n’existe pas là où l’homme refuse de se regarder avec vérité. Dans son message à Nathalie, elle expliquait : « La souffrance acceptée et offerte ouvre les chemins de la paix. »
Le message de Kibeho souligne également la nécessité du repentir sincère. Beaucoup réclament la paix, mais refusent de renoncer à l’orgueil, à la haine ou aux injustices qui nourrissent les conflits. La Mère du Verbe invite chacun à participer à la guérison de l’humanité en commençant par sa propre âme.
À travers Marie-Claire Mukangango, la Vierge a insisté sur la charité fraternelle : la paix se construit avec des gestes simples — un pardon donné, une entraide, un regard bienveillant. La paix ne naît pas dans les grandes déclarations politiques, mais dans les cœurs qui choisissent d’aimer, même quand cela coûte.
Un avertissement traverse toutes les apparitions : l’indifférence spirituelle. Lorsque l’homme écarte Dieu, il perd ses repères, son humanité, sa capacité à discerner le bien du mal. À Kibeho, Marie a montré des visions de violence et de souffrance, comme pour réveiller un monde endormi. Son appel à la vigilance spirituelle est aujourd’hui plus indispensable que jamais.
Mais Kibeho n’est pas un message de peur. C’est un message d’espérance. La Mère du Verbe affirme que le mal n’aura pas le dernier mot. La paix est possible. Elle grandit dans les âmes ouvertes à Dieu et se déploie dans les nations qui choisissent la vérité et la réconciliation. Le Rwanda en est une preuve éclatante : pays des mille collines, terre de beauté, de culture, de foi et de résilience, il montre que même les blessures les plus profondes peuvent être transfigurées par la volonté de vivre ensemble.
Marie invite aussi à s’enraciner dans la Parole du Christ, Verbe fait chair. La paix ne se construit pas seulement par des stratégies humaines, mais par l’adhésion à la vérité de l’Évangile. La Mère du Verbe ne cesse de ramener ses enfants au centre : Jésus, source de toute paix véritable.
Enfin, Kibeho nous rappelle que la paix commence en chacun de nous. Elle naît dans le silence intérieur, s’entretient par la prière, s’exprime dans l’amour, se protège par la vigilance et s’accomplit par la conversion.
Aujourd’hui, l’appel de la Mère du Verbe demeure. Il traverse les frontières, dépasse les époques, éclaire les consciences. En un temps où tant de nations vacillent, où tant de cœurs se ferment, Marie nous invite à devenir des artisans de paix, des témoins de lumière.
Kibeho n’est pas seulement un lieu: c’est une mission pour le monde entier.












































































































































































