Analyse et opinion par Nsengiyumva Patrice
Dans la poursuite de nos articles pour un monde plus paisible, sous notre slogan “ Non à la guerre, oui à la paix, l’OIF est à la une.
Pris entre la pression sécuritaire persistante dans les Grands Lacs et la transition imminente à la tête de l’OIF, l’espace francophone vit un tournant stratégique. La 46ᵉ Conférence ministérielle de la Francophonie (CMF), qui se tenait à Kigali du 18 au 20 novembre 2025, — sur fond de boycotts et de rivalités régionales — précède un Sommet du Cambodge prévu en 2026, qui marquera la fin du mandat de Louise Mushikiwabo et relancera la bataille du leadership francophone. Un moment de vérité pour une organisation sommée de prouver sa capacité d’influence face aux crises.
Tensions diplomatiques à Kigali
La CMF de Kigali, axée officiellement sur l’égalité femmes-hommes, s’est déroulée dans un contexte tendu. L’absence de la RDC, pays plus francophone au monde, qui a décidé de boycotter la rencontre, pèse lourdement. Ce geste symbolique survient alors que les violences continuent dans l’Est congolaise et que la communauté internationale multiplie les appels au dialogue.
Kinshasa en mode “crise” : Le sommet de la CIRGL
Le 15 novembre 2025, Kinshasa a accueilli le 9ᵉ Sommet des chefs d’État de la CIRGL (Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs), placé sous le thème « Consolider la paix et la sécurité pour un développement durable ».
Les préparatifs avaient débuté dès le 31 octobre, avec des réunions ministérielles et la 19ᵉ Réunion du Comité Interministériel Régional le 13 novembre, en présence de la Première ministre congolaise.
À l’issue du sommet, la RDC a pris la présidence tournante de la CIRGL pour deux ans, assumant un rôle central dans la diplomatie régionale.
Francophonie vs CIRGL : Dilemme d’efficacité
Ces deux rendez-vous révèlent une fracture stratégique. D’un côté, la CIRGL à Kinshasa engage des États autour d’un agenda concret : pression sur les groupes armés, coopération sécuritaire, réforme institutionnelle. De l’autre, la Francophonie à Kigali adopte un discours plus normatif : égalité de genre, solidarité institutionnelle, diplomatie multilatérale. Ce contraste fait naître un défi majeur pour l’OIF : comment jouer un rôle pertinent dans la paix régionale quand ses membres clés se confrontent politiquement ?
Transition à l’OIF : Cap sur Phnom Penh
Au-delà des tensions, la Conférence ministérielle de Kigali prépare aussi le prochain Sommet de la Francophonie, prévu au Cambodge en 2026, qui marquera la fin du mandat de Louise Mushikiwabo, Secrétaire générale depuis 2018. Sa succession s’annonce décisive : l’époque est venue de redéfinir le rôle politique de l’OIF — non plus seulement comme gardienne des valeurs francophones, mais comme actrice diplomatique influente en temps de crise.
Un point d’inflexion pour la Francophonie
À l’heure du basculement, la Francophonie se trouve à un carrefour. Elle doit dépasser la symbolique des résolutions et démontrer sa capacité à peser dans les crises régionales. Le choix de son nouveau leadership, sa posture face à la violence dans les Grands Lacs et sa volonté d’ouvrir des voies concrètes pour la paix détermineront si l’organisation reste un forum de principes… ou devient un véritable levier d’influence politique dans un monde francophone en mutation.
Pour conclure, je saisis cette occasion pour adresser mes chaleureuses félicitations à ma compatriote, Madame Louise Mushikiwabo, Secrétaire générale sortante, pour sa contribution à la paix tout au long de son mandat à la tête de l’OIF. Ensemble, mobilisons-nous pour la paix en rejoignant le réseau mondial de la FSDS : “Non à la guerre, oui à la paix !”












































































































































































