Tribune d’opinion et analyse — par NSENGIYUMVA Patrice

Patrice Nsengiyumva, CEO FSDS
De la Syrie, Ukraine, Gaza, Soudan à la République Démocratique du Congo: cinq terrains actifs de guerre, cinq visages d’un même chaos mondial. Mais derrière les bombes et les discours, des logiques profondes se dessinent. Du réalisme au constructivisme, en passant par la psychologie, les grandes théories des relations internationales offrent une grille de lecture essentielle pour comprendre — et peut-être prévenir — la répétition tragique de la violence.
- Le réalisme : la loi du plus fort
Dans la lecture réaliste, la guerre est avant tout une lutte pour la puissance et la survie. En Syrie, le régime déchu de Bachar al-Assad a combattu pour maintenir son régime, soutenu par la Russie et l’Iran contre des rebelles épaulés par l’Occident. En RDC, les interventions du Rwanda, de l’Ouganda et de l’Angola répondent à des intérêts sécuritaires et stratégiques.
En Ukraine, Moscou revendique sa « zone d’influence » face à l’expansion de l’OTAN. Au Soudan, la rivalité sanglante entre l’armée et les Forces de soutien rapide illustre cette logique brutale du pouvoir. «Faute d’autorité mondiale, la force reste la règle du jeu.»
- Le libéralisme : l’échec de la diplomatie
Les libéraux croient au dialogue, au droit et à la coopération internationale. Mais les institutions censées garantir la paix se sont effondrées : l’ONU paralysée en Syrie et en Ukraine, les accords de paix vides en RDC, la diplomatie impuissante face à Gaza, ou encore la transition démocratique avortée au Soudan. «La paix ne résiste pas à l’indifférence internationale.»
- Le marxisme : la guerre pour le profit
Pour la théorie marxiste, la guerre suit les intérêts économiques. Coltan, cobalt et or financent les violences en RDC. Le gaz, le pétrole et les routes commerciales déterminent les alliances en Syrie et en Ukraine. À Gaza comme au Soudan, le contrôle des ressources conditionne la survie des belligérants. «Derrière les idéaux et les drapeaux, la guerre demeure une affaire de marché.»
- Le constructivisme : la bataille des identités
Le constructivisme montre que les conflits naissent aussi des perceptions et des récits : sunnites contre alaouites en Syrie, ethnies divisées en RDC, identité impériale russo-otanienne contre souveraineté ukrainienne, ou confrontation religieuse et nationale entre Israéliens et Palestiniens. «La guerre des idées précède souvent celle des armes.»
- La psychologie : la peur et l’orgueil
Enfin, la psychologie politique rappelle l’humanité des guerres : orgueil, peur, vengeance et méfiance alimentent le cycle de la violence. Les auteurs actifs ou les commandants en chef des guerres actuelles ne sont pas que des stratèges : ce sont des hommes gouvernés par leurs émotions et leurs traumatismes collectifs. «Les passions humaines, plus que les doctrines, nourrissent la guerre.»
Analyse comparée : Cinq théories, cinq réalités
En Syrie, la logique réaliste dominait la guerre en voie de disparition complète avec le nouveau régime : un affrontement de puissances extérieures sur fond de guerre civile. La RDC illustre un mélange explosif de réalisme et de marxisme, où la quête du contrôle des ressources s’ajoute aux rivalités régionales. L’Ukraine s’inscrit pleinement dans la logique réaliste et constructiviste : la confrontation entre puissances s’accompagne d’une lutte identitaire entre visions du monde opposées. À Gaza, la dimension constructiviste — la guerre des récits et des mémoires — se mêle à un échec libéral patent, celui du processus de paix. Enfin, le Soudan rappelle que la psychologie du pouvoir, entre orgueil, peur et vengeance, reste au cœur de toute tragédie humaine. Ces cinq contextes montrent que les théories ne s’excluent pas, mais se complètent : elles décrivent différentes strates d’un même conflit global.
Conclusion : une humanité en miroir
Dans les années 1914, pendant la première guerre, le premier Ministre Britannique d’Antan disait ceci, je le cite : « Si les gens savaient à propos de la guerre, elle serait arrêtée tout de suite, mais les gens ne savaient pas et ne peuvent pas savoir ! » Fin de citation. Ces propos sont toujours d’actualité de nos jours cent onze ans après. Ces cinq grilles ne s’excluent pas — elles se complètent. Ensemble, elles révèlent une vérité dérangeante : les guerres d’aujourd’hui ne sont pas des accidents, mais des reflets de nos structures, de nos économies et de nos émotions. Tant que la peur et le profit primeront sur la justice et la coopération, la guerre restera — hélas — notre langue commune.
Pourrions-nous ensemble nous engager pour la paix ? Si oui, merci de bien vouloir me le faire savoir en envoyant un court commentaire à cette adresse e-mail (fsdsrwanda@fsds.org.rw) en vous présentant et en rejoignant notre réseau mondial pour la paix « NON AUX GUERRES, OUI À LA PAIX ! ».













































































































































































