Analyse & Opinion — Tribune par NSENGIYUMVA Patrice
Puisque les guerres prennent naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix.
Au Sud-Kivu, cette maxime résonne plus fort que jamais, alors que les armes grondent malgré les engagements de Washington.
L’accord de Washington, signé entre la RDC et le Rwanda sous la médiation du président Donald Trump, était censé ouvrir une nouvelle page pour une région qui ne connaît que trop la douleur. Pourtant, au moment même où les dirigeants affichent leur volonté de tourner le dos à la guerre, le Sud-Kivu continue de vibrer au rythme des armes. Autour d’Uvira, ville stratégique au cœur de la plaine de la Ruzizi, les combats se font plus intenses, comme si la paix diplomatique avait du mal à se frayer un chemin jusqu’aux villages meurtris.
Les affrontements entre l’AFC/M23 et les forces congolaises ne sont pas de simples escarmouches : ils redessinent la géographie humaine de toute une province. Des milliers de familles fuient, encore, s’ajoutant à la longue liste des déplacés qui vivent avec une question obsédante :
À quand la paix ?
Et c’est bien là le paradoxe. À Washington, on signe. Au Sud-Kivu, on saigne.
Dans ce contexte, le message porté par FSDS Global Peace Network — « No to War, Yes to Peace / Non à la guerre, Oui à la paix » — prend des allures d’appel vital. Car la réalité est simple : le Sud-Kivu n’a plus besoin de nouveaux fronts, mais de nouvelles forces de paix. Il n’a plus besoin de conquêtes militaires, mais de conquêtes humaines : du respect, du dialogue, de la justice, de la dignité.
Aujourd’hui, aucune “victoire” militaire — ni du côté de l’État, ni du côté des groupes armés — ne peut être célébrée. À chaque avancée, un village brûle. À chaque retraite, une famille se disperse. À chaque opération, une communauté s’enfonce un peu plus dans la peur.
C’est ce cycle destructeur que les accords de Washington doivent impérativement briser. Mais un texte signé à l’étranger ne suffit pas. Pour que la paix soit réelle, elle doit devenir un choix collectif, une discipline quotidienne, un engagement moral. Elle doit être portée par des dirigeants courageux, mais aussi par des citoyens mobilisés, par des organisations comme FSDS, par tous ceux qui refusent que la violence devienne un destin.
Uvira ne doit pas devenir un nouveau symbole d’abandon. Elle doit être le laboratoire d’une paix réinventée. Un espace où les armes se taisent, où les routes sont sûres, où les familles retrouvent leurs maisons, où les communautés se parlent à nouveau.
Pour que cela devienne possible, il faut :
– un cessez-le-feu réel et vérifiable,
– la démobilisation des groupes armés,
– une présence étatique crédible et protectrice,
– un soutien massif aux populations traumatisées,
– et une volonté ferme de combattre la haine, la désinformation et les manipulations politiques.
La paix ne viendra pas d’un miracle. Elle viendra d’un sursaut. D’une décision collective de dire : Assez. Au Sud-Kivu, il est temps que les hommes cessent d’enfanter la guerre —et qu’ils commencent enfin à bâtir la paix.
Non à la guerre. Oui à la paix!












































































































































































