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Burundi : Les adeptes d’Eusébie Ngendakumana de nouveau victimes de persécutions

La Rédaction

Au Burundi, les violences à l’égard des adeptes de l’Eglise d’Eusébie Ngendakumana refont surface avec une inquiétante intensité. Dix adeptes récemment rapatriés de la République Démocratique du Congo (RDC) ont été violemment torturés et un d’entre eux a succombé à ses blessures.

C’était lors d’une fouille nocturne opérée en province Buhumuza, dans la nuit du samedi 30 août 2025, visant les domiciles des adeptes d’Euzebie. L’opération a été menée par des jeunes de la milice Imbonerakure affiliée au CNDD-FDD, accompagnés de policiers. Cet incident, rapporté par plusieurs sources locales, révèle une fois encore la fragilité des garanties de sécurité offertes par les autorités aux réfugiés de retour.

Des réfugiés rapatriés, mais mal accueillis

Les victimes faisaient partie d’un contingent de Burundais revenus d’exil durant le mois d’août, dans le cadre des campagnes d’incitation au rapatriement lancées par le gouvernement. Depuis plusieurs mois, Bujumbura appelle sans cesse ses ressortissants réfugiés dans les pays voisins à « rentrer reconstruire la patrie ».

Mais pour certains, l’accueil se transforme en cauchemar. Selon les témoignages recueillis, ces dix adeptes n’avaient pas encore retrouvé une vie stable au pays que déjà ils ont été arrêtés, battus et humiliés. « On les accuse simplement d’appartenir à l’église d’Eusébie Ngendakumana », rapporte une source locale sous couvert d’anonymat.

Une communauté religieuse sous haute surveillance

Depuis plusieurs années, l’église fondée par Eusébie Ngendakumana est dans le collimateur des autorités burundaises. La prédicatrice, qui vit toujours en exil, est activement recherchée par le régime. Ses fidèles restés au pays subissent de plein fouet cette traque : enlèvements, disparitions forcées, détentions arbitraires se multiplient dans plusieurs provinces.

De nombreux adeptes ont déjà choisi l’exil, parfois pour la deuxième fois, afin d’échapper aux violences. « C’est devenu une chasse déclarée, on nous pourchasse juste à cause de notre foi », témoigne un ancien fidèle aujourd’hui réfugié dans un pays voisin.

Certains défenseurs des droits humains alertent sur une violation flagrante des droits fondamentaux qui continue au Burundi. Ils estiment que ces adeptes devraient être protégés et encadrés par les autorités, au lieu d’être systématiquement arrêtés, maltraités ou assassinés.

Des précédents sanglants qui hantent la mémoire

L’actualité récente réveille aussi le souvenir douloureux du massacre de Businde, survenu le 14 mars 2013 dans la commune Businde, ancienne province de Kayanza. À l’époque, une opération conjointe de la police et de l’armée s’était soldée par l’assassinat de dizaines d’adeptes d’Eusebie Ngendakumana qui s’étaient réunis pour prier. Plusieurs témoins affirment que des fidèles désarmés avaient été exécutés à bout portant, tandis que d’autres furent battus à mort.

Parmi les officiers pointés du doigt figurait déjà le colonel Bosco Havyarimana, surnommé Businde, accusé d’avoir dirigé la répression aux côtés d’autres responsables sécuritaires de la province. Douze ans plus tard, son nom revient encore, cité dans des actes de torture récents.

Les justifications du pouvoir de l’époque

Au lendemain du massacre, le gouvernement burundais avait dépêché plusieurs responsables pour défendre l’action des forces de l’ordre. L’ancien ministre de l’Intérieur, Édouard Nduwimana, avait publiquement justifié l’intervention, parlant d’« opération de maintien de l’ordre » contre ce qu’il avait qualifié de « secte religieuse illégale ».

Cette prise de position officielle avait suscité l’indignation des familles des victimes et des organisations de défense des droits humains, qui y voyaient une tentative de légitimer une exécution extrajudiciaire. Aucune enquête indépendante n’avait alors été ouverte, et les responsables présumés n’ont jamais eu à rendre de comptes.

Une peur généralisée aujourd’hui

Douze ans plus tard, les adeptes restés au Burundi disent vivre dans la peur permanente. Les descentes nocturnes, les menaces des Imbonerakure et les arrestations arbitraires sont devenues leur quotidien. Plusieurs familles rapportent avoir perdu toute trace de proches arrêtés par la police. D’autres préfèrent se cacher ou fuir de nouveau.

Ces violences mettent en lumière le décalage entre le discours officiel du gouvernement, qui insiste sur la réconciliation nationale et la fin des persécutions, et la réalité vécue par certaines communautés religieuses considérées comme dissidentes.

Le traumatisme de Businde, une plaie toujours ouverte

Le massacre du 14 mars 2013 en commune Businde et ancienne province de Kayanza reste un tournant tragique dans l’histoire des adeptes d’Euzebie Ngendakumana. Les assassinats perpétrés ce jour-là, la brutalité des forces de l’ordre et l’absence totale de justice nourrissent encore la peur et la méfiance d’une communauté religieuse qui se sait visée.

Pour beaucoup d’adeptes, les violences actuelles ne sont que la continuation de ce cycle de répression enclenché il y a douze ans, dans l’indifférence des autorités et au prix du silence imposé aux victimes. Tant que la vérité sur Businde n’aura pas été reconnue, concluent-ils, les adeptes d’Euzebie vivront toujours sous la menace de nouvelles persécutions.

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